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Les prix de l'énergie s'envolent, l'Iran cible des installations énergétiques du Golfe
information fournie par Reuters 19/03/2026 à 13:15

Illustration d'un gazoduc et d'un graphique boursier en hausse

Illustration d'un gazoduc et d'un graphique boursier en hausse

Les prix du gaz et du pétrole s'envolent jeudi sous l'effet d'une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, alors que ‌des frappes aériennes iraniennes visent les installations énergétiques des pays du Golfe en représailles à une attaque perpétrée la veille contre une importante installation gazière iranienne.

Le contrat à terme néerlandais sur le hub TTF, référence des prix du gaz pour ​l'Europe, avance de 15% pour atteindre 63,2 euros par mégawattheure (MWh) vers 10h30 GMT.

Il réduit son envolée après avoir ouvert sur un gain de plus de 31% et avoir brièvement atteint 74 euros/MWh, son plus haut niveau depuis le 10 janvier 2023.

Sur les marchés pétroliers, le cours du Brent, principale référence en Europe, grimpe de 6,67% à 114,54 dollars le baril après avoir frôlé plus tôt dans la journée le sommet de 119,50 dollars atteint le 9 mars dernier.

Le Brent a ​atteint en début de semaine dernière son plus haut niveau depuis mi-2022, lorsque l'invasion de l'Ukraine par la Russie avait également provoqué de fortes turbulences sur les marchés de l'énergie.

Le conflit au Moyen-Orient s'est intensifié depuis que l'Iran a accusé Israël d'avoir attaqué mercredi ses installations énergétiques à South Pars et, en ​représailles, a lancé des attaques contre des gisements de gaz et de pétrole dans la région du Golfe.

Les frappes aériennes ⁠iraniennes ont causé depuis mercredi d'importants dégâts à la plus grande usine de gaz au monde, située au Qatar et ont également pris pour cible une raffinerie détenue par le géant pétrolier saoudien Aramco et ‌le groupe américain ExxonMobil en Arabie saoudite.

Elles ont également contraint les Émirats arabes unis à fermer des installations gazières et ont provoqué des incendies dans deux raffineries koweïtiennes.

L'une des unités opérationnelles des raffineries Mina al-Ahmadi et Mina Abdullah de la Kuwait Petroleum Corporation a été prise pour cible par des drones, provoquant des incendies sur les deux sites, a rapporté l'agence de presse ​officielle.

YANBU VISÉ

Le ministère saoudien de la Défense a dit jeudi qu'un drone s'était écrasé sur ‌la raffinerie de Samref, précisant que l'évaluation des dégâts était en cours.

Il a également dit avoir intercepté un missile balistique tiré en direction de Yanbu, ville ⁠portuaire sur la mer Rouge qui constitue actuellement le seul point de sortie des exportations de pétrole de l'Arabie saoudite et où se trouve la raffinerie de Samref.

Les chargements de pétrole dans le port saoudien de Yanbu ont été brièvement interrompus avant de reprendre, selon deux sources.

Les Émirats arabes unis ont pour leur part fermé des installations gazières après avoir intercepté des missiles tôt jeudi matin.

QatarEnergy, la compagnie pétrolière nationale du Qatar, a précisé mercredi que les attaques de missiles ⁠iraniens sur Ras Laffan, site des principales opérations ‌de traitement de gaz naturel liquéfié (GNL) du pays, avaient causé des "dégâts considérables".

L'entreprise publique, deuxième exportateur mondial de GNL, a indiqué dans un communiqué que son équipe d'intervention d'urgence avait été immédiatement déployée ⁠pour maîtriser les incendies provoqués par l'attaque.

Jeudi matin, tous les incendies à Ras Laffan avaient été maîtrisés et aucun blessé n'était à déplorer, a précisé le ministère de l'Intérieur.

Situé à 80 kilomètres au nord de Doha, le site Ras ‌Laffan accueille plusieurs entreprises internationales, dont le groupe britannique Shell, le plus grand négociant mondial de GNL.

"Nous évaluons actuellement tout impact potentiel sur les installations exploitées ou utilisées par Shell dans la zone industrielle de ⁠Ras Laffan et nous fournirons de plus amples informations en temps voulu", a déclaré un porte-parole du géant énergétique.

Dans un communiqué, le ministère qatari des Affaires ⁠étrangères a dénoncé l'attaque sur Ras Laffan comme une "menace directe" ‌à la sécurité nationale du Qatar et a accusé l'Iran d'adopter une "approche irresponsable".

Les perturbations du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, ainsi que les arrêts et réductions de la production d'hydrocarbures dans la région du Golfe ont provoqué un ​choc sur les marchés énergetiques au cours des dernières semaines.

"SCÉNARIO CATASTROPHE"

Les attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe constituent une escalade ‌majeure que les marchés financiers observent avec inquiétude, tandis que les craintes d'une remontée généralisée de l'inflation ne cessent de s'intensifier.

Le commandement unifié des armées iraniennes a prévenu jeudi que les représailles de Téhéran après les attaques contre ses infrastructures énergétiques n'étaient pas terminées, avertissant que ​toute nouvelle attaque visant ses infrastructures conduirait à des représailles plus fortes encore.

Le président américain Donald Trump a pour sa part déclaré qu'Israël s'était "violemment emporté", pour expliquer l'attaque de mercredi contre le gisement de gaz iranien, écartant toutefois la possibilité que l'Etat hébreu mène d'autres attaques similaires à moins de représailles de la part de Téhéran.

Les analystes soulignent surtout le risque de perturbations prolongées de l'approvisionnement.

Les perturbations dans le commerce de GNL pourraient durer des mois, voire des ⁠années, une fois la guerre terminée, en fonction du temps qu'il faudra pour réparer les dégâts, ce qui maintiendra le marché sous pression pendant longtemps, souligne Saul Kavonic, directeur de la recherche chez MST Marquee.

"Nous sommes désormais en bonne voie pour connaître le scénario catastrophe d'une crise gazière", a-t-il dit.

Le Qatar fournit du GNL à des clients en Europe, au Japon, en Corée du Sud et en Chine dans le cadre de contrats à long terme, les acheteurs asiatiques représentant environ 80% de ses ventes.

Ces deux régions vont désormais se disputer les cargaisons et, les tarifs asiatiques étant actuellement plus élevés, les Européens devront augmenter leurs prix pour attirer le GNL, prévient pour sa part Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

"L'Asie et l’Europe seront confrontées à une hausse des prix du gaz, non seulement à court terme, mais aussi jusqu'à la fin de l’année 2026", dit-elle.

(Reportage Yomna Ehab, Jaidaa Taha, Marwa Rashad, Florence Tan, Hatem Maher, Yousef ​Saba et Jana Choukeir; version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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8 commentaires

  • 13:56

    Et les français laissent dormir le pétrole au large de la Guyane ! Merci les écolos ! On s'aperçoit que les emballages ne sont pas fabriqués en KWH ...


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